Trouble du Spectre Autistique (TSA) – Syndrome d’Asperger.

Trouble du spectre autistique (TSA) – Syndrome d’Asperger.

Le psychiatre coordonne la prise en charge diagnostique et thérapeutique.

AVERTISSEMENT : 
Aucun diagnostic ne sera posĂ© en dehors du cadre d’une prise en charge psychiatrique et psychothĂ©rapeutique prolongĂ©e visant Ă  promouvoir le mieux-ĂŞtre du patient. 

La seule analyse de contre-rendus neuropsychologiques ne saurait suffire pour poser un diagnostic.
L’objectif est de proposer un suivi, non uniquement de poser une « étiquette ».

La prise en charge des troubles de l’interaction sociale et de la communication doit ĂŞtre prĂ©coce.
Elle doit commencer avant que les troubles n’aient eu de rĂ©percussions importantes sur la qualitĂ© de la relation parent-enfant, sur la scolaritĂ© et sur la socialisation.

En effet, s’il est vraisemblable que ce comportement survient dans des contextes Ă©tio-pathogĂ©niques (c’est-Ă -dire causals) variables, les troubles relationnels se compliquent très souvent et prĂ©cocement de troubles rĂ©actionnels du comportement qui peuvent, par la suite, Ă©voluer pour leur propre compte et aggraver considĂ©rablement le pronostic.

 

 

DĂ©marche diagnostique :

Au cours de ces consultations, le mĂ©decin s’intĂ©resse Ă  la souffrance de l’enfant, Ă  son contexte social, Ă  son processus d’apprentissage et Ă  ses relations au sein de sa famille.

Le diagnostic en psychiatrie est avant tout clinique. Il est toujours complexe et multidimensionnel.
En psychiatrie, le diagnostic est à la fois une notion précise et évolutive.

Etio-pathogénie :

L’Ă©tiopathogĂ©nie est l’Ă©tude des causes et des facteurs d’une maladie.

Le trouble autistique est multifactoriel.

Certains cas semblent davantage constitutionnels.
L’accent est mis ici sur l’hypothèse d’un trouble neurologique et sur le rĂ´le possible de l’hĂ©rĂ©ditĂ©.

Ailleurs, le repli autistique semble plutĂ´t secondaire Ă  des troubles affectifs ou socio-Ă©ducatifs. Nous le considĂ©rons alors comme un symptĂ´me tĂ©moin d’une difficultĂ© du dĂ©veloppement.
Par exemple, un vĂ©cu de privation affective, des frustrations importantes, des exigences environnementales excessives ; ou Ă  l’inverse une surprotection, une absence de frustration, une absence de contrainte ; ou encore des chocs Ă©motionnels, une situation anxiogène, des anomalies de communication avec l’environnement, etc.

En fait, des intrications neuro-développementales, biologiques ou génétique, et psycho-affectives, émotionnelles et relationnelles, co-existent la plupart du temps. Bien que dans des proportions variables.

Manifestations cliniques :

Le diagnostic n’est donc pas une « explication » des troubles observĂ©s. Dans ce sens qu’il n’en est pas la cause extĂ©rieure.
Le diagnostic un ensemble de symptômes regroupés en syndrome, un tableau clinique à un moment donné.

Au delĂ  d’un regroupement de symptĂ´mes en syndrome ou maladie comme en mĂ©decine physique, la psychiatrie a de particulier qu’elle ne se limite pas Ă  une pure classification de symptĂ´mes.
Une deuxième « grille » de lecture est présente et fondamentale pour pouvoir poser correctement un diagnostic.
Celle-ci consiste Ă  Ă©tudier la relation Ă  l’autre, au corps, ainsi que le fonctionnement psychique de la personne.
Il y a des prĂ©sentations cliniques typiques, d’autres plus atypiques.

Le diagnostic du TSA est complexe, car il n’existe pas de signe clinique pathognomonique.
C’est-Ă -dire qui caractĂ©rise spĂ©cifiquement la maladie et permet donc, Ă  lui seul, d’en Ă©tablir le diagnostic certain lorsqu’il est prĂ©sent.

Le TSA associe une triade de symptômes dont l’intensité et les manifestations varient selon la personne : les troubles des interactions sociales ; les troubles du comportement restreints, répétitifs et stéréotypés ; les troubles de la communication verbale et non verbale.
Ces troubles ne sont cependant pas spécifiques du TSA.

Une prise en charge psychologique, éducative, psychomotrice, orthophonique si besoin, est nécessaire pour pouvoir bien poser un diagnostic.
En effet, il est nĂ©cessaire de pouvoir constater l’évolution des troubles. C’est-Ă -dire leur amĂ©lioration, leur stabilisation ou leur aggravation au cours de la prise en charge.

L’objectif est de pouvoir comprendre ce qui pose problème, repĂ©rer les Ă©ventuels troubles associĂ©s et ainsi proposer une prise en charge de la souffrance repĂ©rĂ©e.

Co-morbidités :

Le psychiatre doit Ă©galement repĂ©rer s’il existe d’autres troubles psychiatriques associĂ©s.

Aussi, mĂŞme s’il ne s’agit pas Ă  proprement parler d’un trouble, avec un TSA peut co-exister un Haut Potentiel.

Diagnostics différentiels :

Le psychiatre doit éliminer les diagnostics différentiels.

En effet, les troubles relationnels, de la communication, du comportement et de la socialisation ne concernent pas que l’autisme.

Par exemple, le trouble de l’anxiété sociale (phobie sociale), le trouble du langage et le trouble de la communication sociale (pragmatique), le retard global de développement et le trouble du développement intellectuel sans TSA, le syndrome de Rett, le mutisme sélectif, les états de marasme, le TDAH, le trouble obsessionnel compulsif (TOC), ou encore un trouble schizophrénique, peuvent présenter des symptômes communs aux TSA.

Un examen physique est Ă©galement nĂ©cessaire afin d’Ă©liminer des causes organiques.
Par exemple, un trouble auditif ou visuel, une épilepsie, ou encore une cause génétique.

Bilans paracliniques demandés :

Le psychiatre Ă©value l’indication de rĂ©aliser diffĂ©rents bilans, en fonction des signes cliniques retrouvĂ©s lors de son examen clinique.

Les différents bilans permettent de préciser comment fonctionnent les capacités de relation et de communication du patient.
S’il est nécessaire d’avoir recours à des bilans pour le diagnostic, la démarche diagnostique ne peut se résumer à leur utilisation qui n’est qu’une aide au jugement clinique.

Comme tout examen paraclinique, les bilans éclairent le psychiatre sur le diagnostic mais ne sont pas des « tests diagnostiques ».
En effet, le diagnostic demeure essentiellement clinique.

Le psychiatre peut demander un bilan psychomĂ©trique, une Ă©valuation des cognitions sociales, une Ă©chelle d’observation du diagnostic de l’autisme (ADOS et ADI), des tests projectifs, un bilan psychomoteur, un bilan orthophonique, ainsi qu’un bilan rĂ©alisĂ© par un Ă©ducateur pour les enfants.

Les professionnels effectuant ces différents bilans sont les psychologues et neuropsychologues, psychomotriciens, orthophonistes, ergothérapeutes et éducateurs.

 

Prise en charge d’un Trouble du Spectre Autistique :

En première intention, nous devons mettre en œuvre une prise en charge non médicamenteuse.
Celle-ci doit associer, en fonction des besoins de la personne, des mesures psychologiques, rééducatives, éducatives et sociales.

Prise en charge psychologique et Ă©ducative :

Nous proposons une psychothérapie et, pour les enfants, une guidance parentale.

Il s’agit d’agir sur les symptĂ´mes du TSA et sur les comorbiditĂ©s associĂ©es.
Nous situons le trouble dans l’histoire individuelle de la personne, ainsi que dans son histoire relationnelle familiale et environnementale.
Nous visons Ă  amĂ©liorer l’interrelation, l’interaction et l’adaptation sociale, ainsi que l’autonomie de l’enfant ou de l’adulte.
Des informations et des conseils sont donnĂ©s Ă  l’entourage.

L’objectif est d’identifier les diffĂ©rents leviers sur lesquels nous pourrons agir pour permettre une amĂ©lioration du bien-ĂŞtre du patient, enfant ou adulte.

Prise en charge en psychomotricité et en orthophonie :

En cas de trouble du développement psycho-moteur, une rééducation psychomotrice est à mettre en place rapidement.

Aussi, en cas de trouble du développement du langage, une rééducation orthophonique peut être également nécessaire.

La prise en charge rééducative doit être précoce.
Car les rĂ©sultats du traitement s’avèrent beaucoup plus inconstants lorsque le trouble est tardivement dĂ©couvert et traitĂ©.
C’est-Ă -dire lorsque des difficultĂ©s intellectuelles secondaires seront dĂ©jĂ  constituĂ©es. Avec des troubles du schĂ©ma corporel, dĂ©faut de construction de l’espace et du temps, insuffisance du dĂ©veloppement de la pensĂ©e symbolique, dyslexie et dysorthographie, troubles affectifs et Ă©chec scolaire.

Prise en charge environnementale et sociale :

Il s’agit de proposer des amĂ©nagements scolaires ou professionnels afin de favoriser l’adaptation et l’intĂ©gration de l’enfant ou de l’adulte avec un TSA.

Parfois, un accueil dans une structure spĂ©cialisĂ©e (SESSAD, ULIS, ESAT, etc. …) peut s’avĂ©rer nĂ©cessaire.

A SAVOIR : dès que les symptômes deviennent un handicap pour la personne, que ce soit dans son apprentissage scolaire, ses relations sociales, sa vie quotidienne, nous pouvons demander des aménagements.
La pose du diagnostic exact n’est pas obligatoire pour monter un dossier MDPH.
En effet, le handicap est défini comme une restriction, une limitation dans les activités quotidiennes, sociales, scolaires ou professionnelles, ou encore familiales.
Il se dĂ©fini par le retentissement. C’est donc les symptĂ´mes invalidants qui intĂ©ressent la MDPH, et non pas tant le diagnostic en lui-mĂŞme.

En effet, l’Ă©chec scolaire ou professionnel est essentiellement reprĂ©sentatif de l’inadaptation de l’Ă©cole et de la sociĂ©tĂ© aux particularitĂ©s et aux difficultĂ©s de certains enfants.

Prise en charge médicamenteuse en deuxième intention :

Un traitement mĂ©dicamenteux (Risperdal, Risperidone) peut parfois ĂŞtre proposĂ© en cas de trouble du comportement majeur ou d’angoisse envahissante.