Trouble dĂ©ficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivitĂ© (TDAH).

Trouble dĂ©ficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivitĂ© (TDAH).

Le psychiatre coordonne la prise en charge diagnostique et thérapeutique.

AVERTISSEMENT : 
Aucun diagnostic ne sera posĂ© en dehors du cadre d’une prise en charge psychiatrique et psychothĂ©rapeutique prolongĂ©e visant Ă  promouvoir le mieux-ĂŞtre du patient. 

La seule analyse de contre-rendus neuropsychologiques ne saurait suffire pour poser un diagnostic.
L’objectif est de proposer un suivi, non uniquement de poser une « étiquette ».

La prise en charge de l’instabilitĂ© psychomotrice doit ĂŞtre prĂ©coce.
Elle doit commencer avant que les troubles n’aient eu de rĂ©percussions importantes sur la qualitĂ© de la relation parent-enfant, sur la scolaritĂ© et sur la socialisation.

En effet, s’il est vraisemblable que ce comportement survient dans des contextes Ă©tio-pathogĂ©niques (c’est-Ă -dire causals) variables, l’instabilitĂ© psychomotrice se complique très souvent et prĂ©cocement de troubles rĂ©actionnels du comportement qui peuvent, par la suite, Ă©voluer pour leur propre compte et aggraver considĂ©rablement le pronostic.

 

DĂ©marche diagnostique :

Au cours de ces consultations, le mĂ©decin s’intĂ©resse Ă  la souffrance de l’enfant ou de l’adulte, Ă  son contexte social, Ă  son processus d’apprentissage et Ă  ses relations au sein de sa famille.

Le diagnostic en psychiatrie est avant tout clinique. Il est toujours complexe et multidimensionnel.
En psychiatrie, le diagnostic est à la fois une notion précise et évolutive.

Etio-pathogénie :

L’Ă©tiopathogĂ©nie est l’Ă©tude des causes et des facteurs d’une maladie.

L’instabilitĂ© est multifactorielle.

Certains cas semblent davantage constitutionnels, avec par exemple une hypermobilité dès la vie fœtale.
L’accent est mis ici sur l’hypothèse d’un trouble neurologique et sur le rĂ´le possible de l’hĂ©rĂ©ditĂ©.

Ailleurs, cette conduite semble plutĂ´t secondaire Ă  des troubles affectifs ou socio-Ă©ducatifs. Nous la considĂ©rons alors comme un symptĂ´me tĂ©moin d’une difficultĂ© de dĂ©veloppement de la personnalitĂ©, de nature anxieuse, voire dĂ©pressive.
Par exemple, un vĂ©cu de privation affective, des frustrations importantes, des exigences environnementales excessives ; ou Ă  l’inverse une surprotection, une absence de frustration, une absence de contrainte ; ou encore des chocs Ă©motionnels, une situation anxiogène, des anomalies de communication avec l’environnement, etc.

En fait, des intrications neuro-développementales, biologiques ou génétique, et psycho-affectives, émotionnelles et relationnelles, co-existent la plupart du temps. Bien que dans des proportions variables.

Manifestations cliniques :

Le diagnostic n’est donc pas une « explication » des troubles observĂ©s. Dans ce sens qu’il n’en est pas la cause extĂ©rieure.
Le diagnostic est un ensemble de symptômes regroupés en syndrome, un tableau clinique à un moment donné.

Au delĂ  d’un regroupement de symptĂ´mes en syndrome ou maladie comme en mĂ©decine physique, la psychiatrie a de particulier qu’elle ne se limite pas Ă  une pure classification de symptĂ´mes.
Une deuxième « grille » de lecture est présente et fondamentale pour pouvoir poser correctement un diagnostic.
Celle-ci consiste Ă  Ă©tudier la relation Ă  l’autre, au corps, ainsi que le fonctionnement psychique de la personne.
Il y a des prĂ©sentations cliniques typiques, d’autres plus atypiques.

Le diagnostic du TDAH est complexe, car il n’existe pas de signe clinique pathognomonique.
C’est-Ă -dire qui caractĂ©rise spĂ©cifiquement la maladie et permet donc, Ă  lui seul, d’en Ă©tablir le diagnostic certain lorsqu’il est prĂ©sent.

Le TDAH associe 3 symptĂ´mes dont l’intensitĂ© et les manifestations varient selon la personne : le dĂ©ficit de l’attention, l’hyperactivitĂ© motrice, l’impulsivitĂ©.
Ces 3 symptômes ne sont cependant pas spécifiques du TDAH.

Une prise en charge psychologique, éducative, psychomotrice, orthophonique si besoin, est nécessaire pour pouvoir bien poser un diagnostic.
En effet, il est nĂ©cessaire de pouvoir constater l’évolution des troubles. C’est-Ă -dire leur amĂ©lioration, leur stabilisation ou leur aggravation au cours de la prise en charge.

L’objectif est de pouvoir comprendre ce qui pose problème, repĂ©rer les Ă©ventuels troubles associĂ©s et ainsi proposer une prise en charge de la souffrance repĂ©rĂ©e.

Co-morbidités :

Le psychiatre doit Ă©galement repĂ©rer s’il existe d’autres troubles psychiatriques associĂ©s.
Notamment, un trouble anxieux ou dépressif.

Aussi, mĂŞme s’il ne s’agit pas Ă  proprement parler d’un trouble, avec un TDAH peut co-exister un Haut Potentiel.

Diagnostics différentiels :

Le psychiatre doit éliminer les diagnostics différentiels.

En effet, les troubles attentionnels et l’instabilitĂ© psycho-motrice ne concernent pas que le TDAH.

Par exemple, chez l’enfant, l’opposition du trouble d’opposition avec provocation (TOP), l’impulsivitĂ© liĂ©e au trouble de la conduite (TC), la frustration causĂ©e par un retard de dĂ©veloppement ou un trouble d’apprentissage (car l’enfant n’arrive pas Ă  rĂ©pondre aux exigences), une anxiĂ©tĂ© ou une dĂ©fense contre un Ă©tat dĂ©pressif, ou encore un trouble du spectre autistique (TSA), peuvent prĂ©senter des symptĂ´mes communs au TDAH.

De mĂŞme, chez l’adulte, un syndrome dĂ©pressif, un trouble bipolaire, un trouble anxieux, un syndrome dissociatif, un trouble de la personnalitĂ©, ou encore un trouble schizophrĂ©nique peuvent engendrer ces symptĂ´mes.

Un examen physique est également nécessaire afin d’éliminer un trouble de santé organique ayant une incidence sur les capacités attentionnelles ou le contrôle moteur. Par exemple, un trouble de la thyroïde, une épilepsie, une consommation de toxiques.

Bilans paracliniques demandés :

Le psychiatre Ă©value, au cours de ses consultations, l’indication de rĂ©aliser diffĂ©rents bilans, en fonction des signes cliniques retrouvĂ©s lors de son examen clinique.

Les différents bilans permettent de préciser comment fonctionnent les capacités attentionnelles et psychomotrices du patient.

Comme tout examen paraclinique, les bilans éclairent le psychiatre sur le diagnostic mais ne sont pas des « tests diagnostiques ».
Les bilans apportent un Ă©clairage au jugement clinique mais ne peuvent en aucun cas le remplacer.

Le psychiatre peut demander un bilan psychomĂ©trique et attentionnel (TEA-CH chez l’enfant), un bilan psychomoteur, un bilan orthophonique, ainsi qu’un bilan rĂ©alisĂ© par un Ă©ducateur chez l’enfant.

Les professionnels effectuant ces différents bilans sont les neuropsychologues, psychomotriciens, orthophonistes et éducateurs.

 

Prise en charge d’un Trouble DĂ©ficitaire de l’Attention avec ou sans HyperactivitĂ© :

En première intention, nous devons mettre en œuvre une prise en charge non médicamenteuse.
Celle-ci doit associer, en fonction des besoins de la personne, des mesures psychologiques, rééducatives, éducatives et sociales.

Prise en charge psychologique et Ă©ducative :

Nous proposons une psychothérapie et, pour les enfants, une guidance parentale.

Il s’agit de situer le trouble dans l’histoire individuelle de la personne, ainsi que dans son histoire relationnelle familiale et environnementale, afin de le comprendre.

L’objectif est d’identifier les diffĂ©rents leviers sur lesquels nous pourrons agir pour permettre une amĂ©lioration du bien-ĂŞtre du patient, enfant ou adulte, et de ses relations avec son environnement social et familial.

Prise en charge en psychomotricité et en orthophonie :

En cas d’instabilitĂ© ou de difficultĂ©s psycho-motrices, une rĂ©Ă©ducation psychomotrice est Ă  mettre en place rapidement.

Aussi, en cas de troubles associés du développement du langage, une rééducation orthophonique peut être également nécessaire.

La prise en charge rééducative doit être précoce.
Car les rĂ©sultats du traitement s’avèrent beaucoup plus inconstants lorsque le trouble est tardivement dĂ©couvert et traitĂ©.
C’est-Ă -dire lorsque des difficultĂ©s intellectuelles secondaires seront dĂ©jĂ  constituĂ©es. Comme des troubles du schĂ©ma corporel, dĂ©faut de construction de l’espace et du temps, insuffisance du dĂ©veloppement de la pensĂ©e symbolique, dyslexie et dysorthographie, troubles affectifs et Ă©chec scolaire.

Prise en charge environnementale et sociale :

Il s’agit de proposer des amĂ©nagements scolaires ou professionnels afin de favoriser l’adaptation et l’intĂ©gration de l’enfant ou de l’adulte avec une instabilitĂ© psycho-motrice.

A SAVOIR : dès que les symptômes deviennent un handicap pour la personne, que ce soit dans son apprentissage scolaire, ses relations sociales, sa vie quotidienne, nous pouvons demander des aménagements.
La pose du diagnostic exact n’est pas obligatoire pour monter un dossier MDPH.
En effet, le handicap est défini comme une restriction, une limitation dans les activités quotidiennes, sociales, scolaires ou professionnelles, ou encore familiales.
Il se définit par le retentissement. Ceux sont donc les symptômes invalidants qui intéressent la MDPH, et non pas tant le diagnostic en lui-même.

En effet, l’Ă©chec scolaire ou professionnel est essentiellement reprĂ©sentatif de l’inadaptation de l’Ă©cole et de la sociĂ©tĂ© aux particularitĂ©s et aux difficultĂ©s de certains enfants.

Aussi, des activitĂ©s sportives et de loisir peuvent aider Ă  canaliser l’agitation psycho-motrice.

Prise en charge médicamenteuse en deuxième intention :

En cas d’Ă©chec des thĂ©rapies non mĂ©dicamenteuses, un traitement mĂ©dicamenteux peut ĂŞtre initiĂ©.

Le méthylphénidate (Ritaline, Concerta, Quasym) est un psychostimulant de type amphétamine.
A ce titre, les règles de prescription sont très strictes.
Il doit ĂŞtre intĂ©grĂ© dans une approche personnalisĂ©e Ă  chaque enfant, rĂ©Ă©valuĂ© tous les mois et prescrit en complĂ©ment d’une thĂ©rapie non-mĂ©dicamenteuse.

La première prescription et le renouvellement annuel se font obligatoirement par un médecin hospitalier.
Le médecin libéral et le médecin hospitalier travaillent alors en collaboration.