Diagnostic du trouble dĂ©ficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivitĂ© (TDAH).

Diagnostic du trouble dĂ©ficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivitĂ© (TDAH).

Le diagnostic d’un trouble dĂ©ficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivitĂ© (TDAH) est un diagnostic pluridisciplinaire.
C’est-Ă -dire qu’il nĂ©cessite l’intervention de plusieurs professionnels de santĂ© qui vont rĂ©aliser diffĂ©rents bilans, chez l’enfant comme chez l’adulte.

Le psychiatre coordonne la prise en charge diagnostique et thérapeutique.

 

Bilans demandés :

Le psychiatre Ă©value, lors des premières consultations, l’indication de rĂ©aliser diffĂ©rents bilans, en fonction des signes cliniques retrouvĂ©s lors de son examen clinique.
Les différents bilans permettent de préciser comment fonctionnent les capacités attentionnelles et psychomotrices du patient.
Ils Ă©clairent le psychiatre sur le diagnostic.

Le psychiatre peut demander un bilan psychométrique et attentionnel, un bilan psychomoteur, un bilan orthophonique, parfois un bilan éducatif.

Les professionnels effectuant ces différents bilans sont les neuropsychologues, psychomotriciens, orthophonistes et éducateurs.

 

DĂ©marche diagnostique :

On recommande une prise en charge psychologique, en psychomotricité, en orthophonie si nécessaire, et parfois éducative, de plusieurs mois avant la pose du diagnostic.
En effet, cela permet de constater l’amélioration ou non des troubles.

L’objectif est de poser correctement le diagnostic, repĂ©rer les Ă©ventuels troubles associĂ©s et proposer une prise en charge adaptĂ©e.

En psychiatrie, comme en médecine somatique ou organique, on recherche à regrouper des symptômes en syndrome ou maladie.
Par exemple, la prĂ©sence d’une fièvre Ă©levĂ©e, de courbatures, de signes respiratoires fera Ă©voquer le diagnostic de syndrome grippal.

Mais la psychiatrie a de particulier qu’elle ne se limite pas Ă  une pure classification de symptĂ´mes.
Une deuxième « grille » de lecture est prĂ©sente et fondamentale pour pouvoir poser correctement un diagnostic. Celle-ci consiste Ă  Ă©tudier la relation Ă  l’autre, au corps, ainsi que le fonctionnement psychique de la personne.

 

Diagnostics différentiels :

Le psychiatre doit éliminer les diagnostics différentiels.

En effet, il existe plusieurs troubles psychologiques ou physiques qui présentent une symptomatologie similaire ou s’apparentant au TDAH.

Par exemple, chez l’enfant, l’opposition du trouble d’opposition avec provocation (TOP), l’impulsivitĂ© liĂ©e au trouble de la conduite, la frustration causĂ©e par un retard de dĂ©veloppement, un trouble d’apprentissage (car l’enfant n’arrive pas Ă  rĂ©pondre aux exigences), ou un trouble du spectre autistique (TSA), peuvent provoquer un trouble de l’attention et/ou une agitation psychomotrice.

De mĂŞme, chez l’adulte, un syndrome dĂ©pressif, un trouble bipolaire, un trouble anxieux, un syndrome dissociatif, un trouble de la personnalitĂ©, des tics ou encore un trouble schizophrĂ©nique peuvent engendrer ces symptĂ´mes.

Un examen physique est également nécessaire afin d’éliminer un trouble de santé organique ayant une incidence sur les capacités attentionnelles ou le contrôle moteur. Par exemple, un trouble de la thyroïde, une épilepsie, une consommation de toxiques.

 

Co-morbidités :

Le psychiatre doit Ă©galement repĂ©rer s’il existe d’autres troubles psychiatriques associĂ©s.

Aussi, mĂŞme s’il ne s’agit pas Ă  proprement parler d’un trouble, avec un TDAH peut co-exister un Haut Potentiel.

 

Indication du Méthylphénidate :

La prise en charge du TDAH est « bio-psycho-sociale ».

Biologique :

Une fois que le psychiatre a posé le diagnostic de TDAH, on peut proposer au patient un traitement médicamenteux.

Le méthylphénidate (comme la Ritaline ou le Concerta) est un psychostimulant de type amphétamine.
Ainsi, la prescription est contrĂ´lĂ©e et l’indication doit ĂŞtre correctement posĂ©e.
Il faudra éliminer un risque cardiaque en réalisant au préalable un ECG et réaliser une surveillance régulière.
La première prescription se fait obligatoirement par un médecin hospitalier. Le médecin libéral et le médecin hospitalier travaillent alors en collaboration.

Sociale :

Il s’agit de proposer des amĂ©nagements scolaires ou professionnels afin de favoriser l’adaptation et l’intĂ©gration de l’enfant ou de l’adulte avec un TDAH.

Aussi, on peut proposer des activitĂ©s sportives et de loisir qui permettront d’aider Ă  canaliser l’agitation psycho-motrice.

Psychologique :

On propose en parallèle un travail de psychothérapie.
Il s’agit d’Ă©clairer la place et les retentissements dans la vie du sujet et de sa famille du trouble de l’attention +/- de l’hyperactivitĂ©.
L’objectif est d’identifier les diffĂ©rents leviers sur lesquels on pourra agir pour permettre une amĂ©lioration les troubles.